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Comité Charonne

Comité Charonne
Comité Vérité et Justice pour Charonne
8 Février 1962

 
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Le 8 Février 1962

9 militants de la CGT, dont 8 membres du PCF trouveront la mort parce qu’ils voulaient dire : "Halte à la Guerre d’Algérie", "Non aux crimes de l’OAS".

Jean-Pierre BERNARD, Dessinateur à la direction régionale des PTT, 30 ans, Militant du PCF, et du syndicat des Télécommunications CGT de la Seine. il était père de trois enfants. Adhérent à la CGT, il était membre de la commission exécutive de son syndicat. Il représentait depuis des années sa catégorie aux commissions paritaires, militant communiste, il avait accepté d’assumer des responsabilités importantes parmi les communistes du XVème arrondissement. Ses voisins consternés par ce drame ont dit son attachement à ses idées, sa droiture et son désintéressement total, ou en se défendant de la banalité, que "la mort a frappé l’un des meilleurs".

 

Fanny DEWERPE, Sténodactylographe, 31 ans, Militante du PCF et du Syndicat des employés et ouvriers du Commerce CGT de la Région Parisienne 31 ans, secrétaire. Mère d’Alain, alors âgé de 9 ans. Pendant la seconde guerre mondiale sa famille fut décimée par les nazis. Venue très tôt au Parti Communiste, la liberté est son problème. Elle était à la manifestation accompagnée du souvenir de son mari André, mort des suites des violences policières subies en 1952, lors d’une manifestation contre la venue en France du général Ridgway, symbole de la guerre menée par les Etats-Unis en Corée. Fanny durant sa vie participera aux activités de l’UJRE (Union des juifs pour la résistance et l’ entraide) et de l’ACCE.

 

Daniel FERY, Employé de Presse, 15 ans et demi, militant de la Jeunesse communiste et du Syndicat national des Cadres et Employés de la Presse CGT. La plus jeune des victimes, il travaillait à la DERP au journal l’Humanité. Jeune communiste, il militait à la JC de Drancy. Son grand rêve "devenir un vrai communiste" et aussi de vivre ses premières vacances avec des copains. Il n’aimait pas la Guerre d’Algérie, il ne voulait pas plus tard lors du service militaire partir en Algérie. Il détestait les tueurs de l’OAS.

 

Anne GODEAU, agent d’exploitation aux PTT, militante au PCF et au Syndicat des Services Financiers de Paris des Postes et télécommunications CGT Employée des PTT. Elle venait de fêter ses 24 ans. Un mois plus tôt, elle avait entraîné une de ses camarades à une fête de la section communiste. Elle venait de prendre sa carte au Parti Communiste. Avant de se rendre à la manifestation elle avait laissé un mot sur sa porte "Ce soir, je vais à la manifestation à la Bastille, encore interdite par le préfet de police. Vraiment on fait tout pour protéger l’OAS. Je rentre tout à l’heure…" 25 000 personnes participaient aux obsèques d’Anne Claude Godeau à Nantes.

 

Édouard LEMARCHAND, Employé de Presse, 40 ans, militant du PCF et du Syndicat national des Cadres et Employés de la Presse CGT. A quitté sa ville d’Amboise où il exerçait le métier de menuisier pour intégrer l’équipe du journal l’Humanité, en qualité de vendeur-organisateur. En 1943, réfractaire au STO, ce système instauré par l’occupant nazi et l’administration de Pétain pour fournir de la main d’oeuvre aux usines allemandes, il est dénoncé et arrêté par les gendarmes français d’Amboise et envoyé de force en Allemagne. Dès son retour il adhère au PCF et sera de tous les combats pour la paix. il était également membre de l’ARAC

 

Suzanne MARTORELL, Employée de Presse, 36 ans, militante du PCF et du Syndicat national des Cadres et Employés de la Presse CGT. Mère de trois enfants. Elle aussi travaillait au SERP (service de routage de la presse) à l’Humanité. Militante communiste, à l’Union des Femmes françaises, quelques jours plus tôt, elle participait dans sa cité Robespierre, à Aubervilliers, à la réparation de panneaux pour la paix en Algérie et de panneaux plaidant pour la mise hors de nuire de l’OAS.

 

Hippolyte PINA, 58 ans, maçon. militant du PCF et de l’Union Syndicale du Bâtiment de Seine et Oise CGT . Il quittait l’Italie en 1922 pour fuir le fascisme. Sous l’occupation nazie, qu’il pleuve, qu’il vente dit un témoin, il était toujours d’accord pour aller, avec son groupe de résistants, distribuer des tracts, faire sauter des voies… Pleinement conscient du danger fasciste que représentait l’OAS ce soir de février 1962, Hippolyte PINA quitte sa famille, il n’est pas revenu. Sa fille dit de lui : "Sa vie est un exemple de combattant antifasciste et sa mort est à l’image de sa propre vie : une lutte juste et pacifique contre tout ce qui peut faire mal et détruire ».

 

Maurice POCHARD, 48 ans. Cadre. Militant cégétiste, durement matraqué dans la rue, il réussit néanmoins à rejoindre son domicile à Asnières. Dans les heures qui suivirent il dut être hospitalisé en urgence à l’hôpital Beaujon, son état s’aggravant, il sera transféré dans le service de neurochirurgie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière. Pendant deux mois et demi, au prix de plusieurs interventions chirurgicales et de grandes souffrances, Maurice Pochard luttera contre la mort. Il sera la 9ème victime de Charonne.

 

Raymond WINTGENS, imprimeur typographe à l’imprimerie Thomas, dans le XIIème arrondissement, 44 ans, militant du Syndicat du Livre Parisien CGT. À la fi n de la manifestation avec quelques camarades de son entreprise, ils s’arrêtent dans un café. Là ils sont agressés par les policiers, certains arrivent à leur échapper. Raymond Wintgens n’eut pas cette chance là. Il fut "achevé" par ces mêmes policiers dans la rue.

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